Le langage inclusif... pour mieux diviser.
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Titre 'Le langage inclusif:source d'unité ou de division?'

‟Très chers assistantes et assistants, en tant que citoyennes et citoyens, chrétiens et chrétiennes engagés dans un monde de pluralité, nous devons, tous et toutes, nous sentir un et une avec nos frères et sœurs de la collectivité. Nous ne pouvons rester sourds et sourdes à l’appel de ces hommes et de ces femmes qui peuvent être nos frères ou nos sœurs, notre père ou notre mère, notre beau-frère ou notre belle-sœur, notre neveu ou notre nièce, le voisin ou la voisine, le copain ou la copine, l’animateur ou l’animatrice du club de hockey de notre garçon ou de notre fille…”

Non, ceci n’est pas une dictée sur les genres grammaticaux! Il s’agit plutôt d’un type de ces discours que l’on peut entendre de nos jours, dans nos parlements, nos médias et jusque dans nos églises.

Cette manie de continuellement citer le masculin et le féminin, c’est ce que le mouvement féministe appelle le "langage inclusif ".

Depuis quelques décennies, cette habitude a fait insidieusement son apparition dans le langage de toutes les personnes publiques soucieuses de présenter une image "politiquement correcte". Mais, derrière ce verbiage ennuyant et ronflant, se cache une idéologie qui a fort peu à voir avec la justice, et pas du tout avec l’inclusion.

Le langage du mouvement féministe

Le "langage inclusif" fait implicitement la promotion du féminisme. Ce mouvement est né dans le sillage de réelles injustices perpétrées à l’égard des femmes. Récupérant et exacerbant la frustration engendrée par ces agissements, un groupe d’activistes en a profité pour mettre de l’avant une idéologie comprenant certaines revendications légitimes (égalité salariale entre hommes et femmes, par exemple) et surtout beaucoup de dérives morales profondes. C’est ainsi qu’au nom de l’égalité des sexes, les féministes d’aujourd’hui prônent avec agressivité le libre accès à la contraception, à l’avortement, le libertinage sexuel, etc.; ainsi que l’ouverture, aux femmes, de certains postes et métiers traditionnellement réservés aux hommes en raison des conséquences physiques et/ou morales néfastes pour les femmes. On pourra songer ici au métier de femme soldat, à celui de journaliste sportive ayant libre accès au vestiaire des joueurs, au rôle de gardiennes dans les prisons pour hommes, etc.

Une idéologie aveugle

Le féminisme est une idéologie aveugle qui confond "égalité” et ‟similarité". L’homme et la femme sont égaux devant Dieu, mais ils sont différents dans leurs possibilités physiques et leur psychologie, ce qui permet une belle complémentarité. Égaux, mais différents.

C’est en niant cette évidence (et cette beauté) de la nature que les féministes en viennent à pratiquer le mépris, au moins latent, de tout ce qui est masculin, ce qui ne les empêche pas, par ailleurs, d’envier tout ce qui leur semble n’appartenir qu’à ces seuls "méchants hommes" : habillement, coiffure, métiers "durs", langage… et sans doute, souvent, cette incapacité absolue à subir une grossesse… Pour elles, l’homme est tout simplement un mal (ou un mâle…) nécessaire !

Une révolte contre Dieu

Cette idéologie conduit également à une attitude de révolte envers Dieu, à qui on en veut d’avoir eu un Fils plutôt qu’une fille, d’être le Père Éternel et, pourquoi pas, d’avoir créé les animaux mâles souvent plus beaux que les femelles! C’est ainsi qu’un jour j’eus la pénible occasion de voir, dans un couvent de religieuses particulièrement contaminées par cette idéologie, un crucifix dont le corpus, au lieu d’être celui de Jésus, était celui d’une femme mi-dévêtue crucifiée. Abominable blasphème!

Et l’on connaît le proverbial mépris, la haine parfois, de nombreuses féministes envers l’Église Catholique et son chef le Saint-Père qu’on accuse de tous les maux, car ces deux entités dérangent…

Pour elles, le modèle type de la femme non libérée, c’est la Vierge Marie, humble et soumise Servante du Seigneur… Ce mépris s’étend bien sûr à toutes celles qui lui ressemblent: les femmes mariées fidèles coûte que coûte à leur époux, celles acceptant la venue d’un enfant non prévu, les femmes "à la maison" ou qui sacrifient une carrière pour se consacrer à leur famille…

Leur recherche du pouvoir et de la similarité avec l’homme, les amène également à revendiquer l’accès à la prêtrise, et ce, malgré que Jean-Paul II ait solennellement déclaré (de façon engageant l’Infaillibilité papale) que de telles ordinations ne pourraient pas être valides, même si c’était le Pape lui-même qui les officiait, car elles ne sont pas voulues dans le Plan de Dieu. Une fois de plus, les féministes (et leurs sympathisants) sont trop aveuglées pour discerner, dans le sacerdoce, non une question de droit mais une question d’appel, non une vocation au pouvoir, mais une vocation au service…

Non à la femme objet?

Les féministes protestent, à juste titre, contre le concept de "femme objet" que l’on retrouve trop souvent dans les publicités. Pourtant, bon nombre d’entre elles sont les premières à se faire "objet" en portant des tenues provocantes, en ayant recours aux contraceptifs et à l’avortement, en revendiquant la reconnaissance légale du "métier" de prostituée et le droit de s’exhiber dévêtues lors de certaines manifestations publiques. Elles considèrent l’homosexualité et le lesbianisme comme un choix légitime devant être reconnu et encouragé par la société. Bref, le féminisme, dans la plupart de ses revendications, combat l’enseignement que Jésus nous a livré.

Promotion de la division

Le langage inclusif prétend "inclure" (sous-entendu : la femme), mais dans les faits, il promeut la division. En effet, la langue française possède plusieurs mots qui peuvent présenter un sens individuel ou collectif, selon le contexte de l’emploi. Ainsi, le mot "homme" désignera tantôt le genre masculin d’un être humain (ex.: l’homme peut porter la barbe), tantôt un individu en particulier (ex.: l'homme qui attend à la porte), tantôt le genre humain lui-même sans distinction de sexe (ex.: l’homme est petit devant Dieu). Nous mangeons du bœuf, du poulet ou de l’oie (qui peuvent être, dans les faits, de la vache, de la poulette ou du jar), nous guettons le retour des outardes au printemps (ce féminin incluant le mâle outarde)… Cette multiplicité de sens d’un seul mot est une richesse de notre langue; en outre, elle permet une plus grande fluidité du discours.

Le langage inclusif mutile notre langue de cette richesse. Il met l’accent sur les différences physiques, au lieu d’inclure ce qui nous est commun. Il réduit l’être humain (puisque c’est à lui que s’applique le plus souvent ce langage) à une identité sexuelle, au lieu de considérer son être entier. Le langage inclusif est donc un langage d’exclusion, de division. Et que dire de ceux qui vont jusqu’à différencier "les hommes, les femmes… et la jeunesse": j’ai pourtant toujours cru que les jeunes sont nécessairement masculins ou féminins, et non d’un genre neutre à part…

Face au langage inclusif

Chaque fois que nous nous plions aux exigences de langage de la doctrine féministe, c’est un peu leur cause que nous servons ; nous devenons, de façon consciente ou non, un maillon de cette chaîne idéologique qui enserre de plus en plus le monde, chaîne faite d’un alliage néfaste composé d’une goutte de "bon" noyée dans un océan de "mauvais".

Les Chrétiens, laïcs ou prêtres, n'ont pas à s’aplatir devant les diktats féministes, en "corrigeant" la Liturgie par le saupoudrage de termes comme "ceux et celles, tous et toutes", en "modernisant" les épîtres par des "frères et sœurs" au commencement de la lecture, en remplaçant une partie des paroles de l'Offertoire au moyen ‟…du travail des hommes et des femmes”… Tant qu’à y être, en inventant un "Notre Mère, qui es dans la voûte céleste, que ta dénomination soit sanctifiée…"

Sinon, il faudra pousser jusqu'au bout le travail, et exiger de nouvelles normes d'étiquetage dans le commerce: viande de bœuf et/ou de vache, de lièvre et/ou de hase, d'oie et/ou de jar, de bison et/ou de bisonne… Et tant qu'à y être, obliger l'industrie de la mode à ne produire que des vêtements unisexe, ou interdire aux boutiques de ne vendre que des vêtements pour homme ou pour femme, tout en revendiquant que chaque publicité s’adresse "aux femmes, hommes, jeunes, et enfants à naître!" Si le ridicule tuait, la terre serait un immense charnier…

Il est temps de réagir et de laisser l'unité et la richesse de notre langue reprendre leur place dans nos discours, et ainsi promouvoir la vraie unité, la vraie inclusion. Ce sera, à mon avis, un pas vers la Paix offerte par Dieu et recherchée par les hommes de bonne volonté. ■

Marie-Chantal

BD humoristique sur le langage inclusif.

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