Refusons ces liturgies irrespectueuses !
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(Titre:

Par un dimanche d’été, je me rends pour la Messe dans une paroisse de campagne habituellement peu fréquentée. À l’arrivée, je suis intriguée: que signifie ce grand nombre de voitures dans le stationnement? Ces Harley-Davidson, ces bottes de cuir et chapeaux de cowboy, ces stands à hot-dog en train de surgir dans l’arrière-cour de l’église? MALHEUR! C’est une messe "country-western"! Et de très nombreuses têtes blanches y accourent...

Dans l’édifice sacré, c’est le "party": sur fond de musique western, on parle fort, on rit, on gesticule. Dans un coin, l’orchestre, la chanteuse et la sono achèvent de s’ajuster. A l’avant des bancs, la place est libre… pour la danse!

Car le programme imprimé l’annonce: deux couples de danseurs country ponctueront plusieurs moments de la messe, au son de chansons d’amour: "L’amour qu’on donne un jour" (en place du Kyrie), "Un coin du ciel où l’on vivra tous deux ma chérie" (après le monologue semblant remplacer l’homélie), "Take me home" (entre l’épître et l’évangile: remplace le psaume?), "Sans toi mon amour" (communion), etc.

Le chant d’offertoire? "C’est mon histoire", qui décrit la vie d’une chanteuse constamment en tournées, qui voit à peine grandir ses enfants… pour l’amour d’un univers qu’elle qualifie d’idéal, c’est-à-dire le showbiz… La chanson "La vie" de Ginette Reno est substituée au Notre Père.

Pour la sortie, on se tapera un "reel" (1), question de se mettre en appétit pour les hot-dogs à venir !

Le mot de bienvenue du début de la Messe est à vous glacer le sang:

"Bonjour ! Hi! Ha!... Chapeau, foulard, chemise à la couleur country sont à l’honneur en cette Xème édition de la messe Western (…) Levons-nous pour accueillir nos danseurs et responsables de notre messe western, avec notre curé X... "

Je ne suis pas restée pour voir si le curé s’avancerait déguisé en Lucky Luke, en shérif ou en Dalton: j’étais franchement écoeurée…

Je n’ai rien contre le country, tant qu’il propage des valeurs conformes à l’Évangile.

Je n’ai rien non plus contre les chansons d’amour: l’amour légitime est voulu et béni par Dieu. Quand on le chante avec respect et pudeur, on chante le don de Dieu.

Cependant, la Messe n’est pas le temps et le lieu pour se rappeler nos premières amours, le dernier bar visité ou la soirée dansante de notre club d’aînés.

Rappelons-le: la Messe est l’actualisation du saint Sacrifice du Calvaire. Ce n’est pas une réunion mondaine, mais un culte d’adoration rendu à Dieu. Sur le calvaire, Jésus n’avait pas l’âme au western… alors qu’Il se livrait tout entier pour nous dans des souffrances sans nom. Ce qui s’accomplit sur l’autel, c’est l’œuvre de notre rédemption! Et nous, pendant ce temps, nous ferions des danses en ligne, comme les volailles de la pub télé "La poule aux œufs d’or"? N’avons-nous pas plus de cervelle qu’un poulet? Les bêtes, admettons-le, ont plus de cœur et de reconnaissance pour leur Créateur que certains humains…

Les messes dites country, rock, folkloriques… sont des profanations du Saint Sacrifice. Le mot profanation signifie "utiliser à des fins profanes" quelque chose qui est sacré. La Messe est sacrée.

C’est pour cette raison que l’Église a précisé:

"Il n’est pas licite d’associer la célébration de la Messe à des réalités de nature politique ou profane, ou encore à des éléments qui ne sont pas entièrement conformes au Magistère de l’Église catholique. De plus, pour ne pas priver l’Eucharistie de sa signification authentique, il faut absolument éviter de célébrer la Messe avec le désir d’en faire un spectacle, ou de la célébrer en adoptant le style d’autres cérémonies, spécialement profanes." (Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, Instruction Redemptionis Sacramentum, 25 mars 2004)

Et c’est exactement ce qu’on constate dans trop de paroisses: avec la permission d’une certaine partie d’un clergé hyper conciliant (on ne les qualifiera certes pas de "moralisateurs"…) on "récupère" la Messe pour en faire un outil de propagande en faveur d’une certaine culture, d’un festival, voire d’une idéologie de perversion (messes "gays"...).

Dans sa Lettre Apostolique Vicesimus quintus annus, saint Jean-Paul II mentionnait:

« Parce que "les actions liturgiques ne sont pas des actions privées, mais des célébrations de l’Église (…)", leur discipline dépend uniquement de l’autorité hiérarchique de l’Église. La liturgie appartient au Corps tout entier de l’Église. C’est pourquoi il n’est permis à personne, même au prêtre, ni à un groupe quelconque, d’y ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit de son propre chef (Sacrosanctum concilium, n.22-26). »

Il déplorait aussi que certains "...ont promu des innovations fantaisistes, prenant leurs distances par rapport aux normes établies par l’autorité du Siège apostolique ou des évêques, perturbant l’unité de l’Église et la piété des fidèles, heurtant même parfois les données de la foi. (…) Il faut reconnaître et déplorer certaines déviations, plus ou moins graves (…) des omissions ou des ajouts illicites, des rites inventés hors des normes établies, des attitudes ou des chants qui ne favorisent pas la foi ou le sens du sacré. (…)

Des initiatives de ce genre (…) privent le peuple chrétien des richesses authentiques de la liturgie de l’Église."

Ce n’est pas sans raison que l’Église encadre les gestes et textes liturgiques, et qu’elle a toujours privilégié le chant grégorien: essayez d’y danser ! Ce chant vous place immédiatement dans une atmosphère de sacré, de divin. Il porte à la prière, au recueillement.

Oui, la musique porte en soi son message. Le choix des pièces utilisées en liturgie est crucial.

Mais aujourd’hui, ceux qui s’occupent de ce choix dans nos paroisses n’ont presque jamais de formation adéquate en ce sens. C’est trop souvent du "n’importe quoi".

Ces messes profanées mourraient de leur belle mort si personne n’y assistait: on ne répète pas un fiasco deux fois! Mais nos bons paroissiens habituels s’y ruent tête baissée, quelques-uns un peu troublés, mais la plupart se disant: "Il faut être de son temps et le curé le permet. En plus, c’est de la belle musique et c’est gratis !"

Certains, on le conçoit, n’ont pas la capacité physique d’aller dans une autre paroisse, en ces occasions, pour avoir leur Messe dominicale. Soit. Mais pour tous les autres?

Les curés qui permettent ces événements croient attirer à l’Église, mais que font les non-pratiquants une fois passé le "show"? Ils foncent au confessionnal pour faire leurs Pâques et revenir à la Messe dominicale? Non, ils reprennent leur vie comme avant. Pire: beaucoup considèrent les prêtres comme des pantins à qui ont peut faire faire ce qu’on veut, du moment qu’on agite devant eux le spectre de l’impopularité.

Nous les Catholiques, on fait rire de nous par derrière et on préfère ne pas s’en apercevoir…

Quand aurons-nous le courage de vivre une vraie fidélité au Christ?

Seigneur, pardonnez-nous: nous ne savons pas ce que nous faisons !

Sylvie Raymond

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(1) Reel: danse folklorique très rythmée.


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